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Poésie (in)citation *15

Petite anthologie de nos nouveautés... par l’espace Littérature

poesieincitation ent

 Paysage avec arbre : photographie d'Etienne Descargues / Gallica

 

     

 Anna Akhmatova

 

L’INVITÉ

 

Tout comme avant. A la fenêtre de la salle à manger

Cogne une fine tempête de neige.

Moi-même je n’attendais plus rien,

Et vers moi cet homme se dirigeait.

 

Je lui demande : « Qu’est-ce que tu veux ? »

Il répond : « Être avec toi en enfer. »

Je ris : « Ah, tu prédis peut-être

Le malheur pour nous deux. »

 

Il a levé une main froide

Et légèrement touché les fleurs :

« Dis-moi comment on t’embrasse

Et comment, toi, tu embrasses. »

 

Et son inquiétant regard

Ne quittait pas mon anneau.

Son visage mauvais, calme,

Ne bougeait pas d’un seul muscle.

 

O, je sais : sa joie –

Toute sa passion :

Savoir qu’il n’a besoin de rien,

Que je lui refuse rien.

 

Rosaire / traduit par Christian Mouze – Harpo &, 2015

 

Autres documents de Anna Akhmatova à la bibliothèque.

Article et choix de texte de Gil Pressintzer dans Esprits Nomades.

Ecouter la voix d'Anna Akhmatova récitant son poème Cleopatra.

 

 

     

 Ingeborg Bachmann

 

Le soir j’interroge ma mère

en secret sur les sons de cloches,

comment je dois interpréter les jours

et préparer la nuit.

 

Tout au fond j’exige toujours

sans reste de tout raconter,

en morceaux choisis d’accorder

tout ce qui de sons m’entoure.

 

Ensemble sans bruit nous prêtons l’oreille :

ma mère de nouveau me rêve

et trouve, comme pour d’anciens lieder,

de mon être les tons majeur et mineur.

 

Ombres roses ombres

 

Sous un ciel étranger

ombres roses

ombres

sur une terre étrangère

entre roses et ombres

dans une eau étrangère

mon ombre

 

Toute personne qui tombe a des ailes / édition et traduction (Autriche) par Françoise Rétif – Gallimard, 2015 (Poésie)

 

Autres livres de Ingeborg Bachmann à la bibliothèque.

Autres textes de l'ouvrage à découvrir dans l'[anthologie permanente] de Poezibao, dans La pierre et le sel, dans Un nécessaire malentendu

Lire une critique de Marc Michiels dans La Cause littéraire, de Pierre Assouline dansLa République des livres, de Thierry Guinhut dans Thierry-Guinhut-litterature.com, de Florence Trocmé dans Le flotoir

Ingeborg Bachmann lit Mein vogel.

 

 

   

Jean-Claude Caër

 

Lectures sous le signe de l’ours

 

Je lis quelques pages de Montaigne, son Journal de voyage,

Et de Jack London Souvenirs et aventures du pays de l’or dans le Klondike.

D’un côté l’Italie raffinée du XVIe siècle

Et de l’autre les contrées sauvages et inexplorées de l’Alaska.

Chez Montaigne le raffinement de l’écriture, le mouvement et la force,

La curiosité, le goût des autres.

Chez London la simplicité, l’aventure et la poésie des canoës,

Des chiens de traîneau et des hommes rudes face aux glaciers.

Telles sont mes lectures en ce dimanche 1er septembre

Et je trouve ceci chez Montaigne arrivant à Rome :

« Nous vînmes loger à L’Ours, où nous nous arrêtâmes encore lendemain. »

 

Alaska – Le Bruit du temps, 2016

 

 Autres ouvrages de Jean-Claude Caër à la bibliothèque.

Lire une critique de Marie-Hélène Prouteau dans Terres de femmes, de Jean-Marie Perret dans Bleu de paille , de Françoise Urban-Menninger dans e-litterature.net et de Jacques Josse dans remue.net.

Découvrir d'autres textes de cet ouvrage dans l'[anthologie permanente] de Poezibao et Littérature de partout.

 

 

   

Pierre Chappuis

 

Zone franche

 

S’avancer sur la pointe des pieds et, crainte de froisser la lumière déclinante d’une fin de journée (si fragile, son équilibre), s’arrêter, interdit, sur le seuil de la clairière parmi les bruyères, les sphaignes.

 

Arbre soi-même sur-le-champ au cœur et en dehors du temps.

 

Jalousement, une zone franche ; aucune traverse zigzaguant entre mottes et touffes, aucune trace n’en violent l’espace.

 

 -------------------

 

En face, si proche – et pourtant ! – court une lignée de bouleaux légers comme neige dans un ciel neuf, fuyants, frêles (limite dérobée du rêve) et cependant fringants, se tenant droits.

 

Formeraient, serrés étroitement les uns contre les autres, une barrière à claire-voie.

 

Hampes nues d’arrière-automne.

 

Où, reprenant, poursuivant sans relâche sa reconnaissance, le regard, oublieux, vagabonde.

 

-----------------------

 

Des colonnes, des sons, une forêt de sons flûtés, clairs (ouïe autant que regard) viendrait s’immobiliser à la lisière du silence.

 

Lointains et proches, lents, vifs, luisants et écorchés, tachés d’ombres (mais leir scintillement !) ; ne souffrant entre eux que demi-tons, quarts et huitièmes de tons.

 

Par delà le vide infranchi de la clairière se tend, oui, l’arc d’une musique inouïe, à venir, qui dit seulement blancheur.

 

-----------------------------

 

L’hiver splendidement embrasse tout.

 

Dans la lumière sourde de ce jardin – Corti, 2016 (Domaine français)

 

Autres ouvrages de Pierre Chappuis à la bibliothèque.

Note de lecture dans lelitteraire.com et Poezibao.

 

 

   

Jean-Louis Giovannoni

 

15 h.

Amours moites.

 

L’eau commence à manquer. Parois sèches et sève difficile. Va-et-vient continu d’abeilles, de cétoines, de carabes… Rien ne les arrête. Hyménoptères en tête, suivis de papillons, légers, aériens. Incessants.

 

Les fleurs étouffent. Se fripent. Attendent la chute du jour, l’humidité.

 

17 h.

Quelque chose bascule. Rien ne l’indique encore. Des signes avant-coureurs : air plus fluide, lumière moins intense.

 

On ne sait. Pourtant.

 

18 h.

Une partie du jardin passe à l’ombre. Des maisons s’étirent au soleil, deux à trois fois plus grandes ; des silhouettes longiformes d’humains, de bêtes, d’arbres.

 

L’enfant se baigne dans le bassin. Des guêpes le poursuivent. Brasse et nage indienne. L’eau l’entoure, s’écarte…Elles volent autour de sa tête. Ne piquent pas.

 

Ciel rose-orangé, jaune. Bleu sombre à l’horizon. Des hirondelles volent très haut. Cris aigus, perdus. D’autres sur des fils électriques attendent le signal.

 

Le jour décline. Les araignées retendent leur toile.

 

Sous le seuil – Unes, 2016

 

Ouvrages de Jean-Louis Giovannoni à la bibliothèque.

Note de lecture de Laurent Albarracin dans Poezibao, de Véronique Pittolo dans Poezibao, de Jean-Paul Gavard-Perret dans lelitteraire.com et d'Angèle Paoli dans Terres de femmes.

Ecouter Jean-Louis Giovannoni sur France Culture dans l'émission Poésie et nuisibles, juin 2016.

 

 

   

Sabine Huynh

 

Ta  mère te nouait

gorge et langue, te coupait

vestes carrées, t’exécutait

pulls serrés, te cousait

robes raides

 

                                             les lèvres

 

entre vous une couture

desserrée depuis

la déchirure

 

– attrition de ce que vous aviez

en commun (ce presque-dire

précédant la parole) –

 

ruines

(un jour on t’a dit

en hébreu : « Tu as vécu

ta propre Shoah. »)

 

 ----

Après les chocs

des caresses rares

étreignent parfois l’air

un magnolia en fleurs

un accident de lumière

mais reste cette heure

de la nuit où ton visage

s’altère

 

dedans le cassé

déhanche la vie

 

Kvar lo /  postface de Philippe Rahmy, encres de Caroline François-RubinoÆncrages & Co, 2016 (Ecri(peind)re)

 

Ouvrages de Sabine Huynh à la bibliothèque.

Site de l'auteur : presque dire

Note de lecture d'Angèle Paoli dans Terres de femmes et d'Isabelle Lévesque dans Terres de femmes.

Découvrir d'autres textes de Kvar lo dans remue.net et Terres de femmes.

Ecouter un entretien avec l'auteur autour de son journal La sirène à la poubelle

 

 

     

 Ossip Mandelstam

 

Verbe épineux de la vallée de l’Ararat,

Chat sauvage – verbe de l’Arménie,

Langue rapace des villes en pisé,

Parole des briques affamées.

 

Mais le ciel myope padischah,

Bleu turquoise aveugle né,

Ne lira pas le livre creux

D’argile et de sang noir coagulé.

Octobre 1930

 

 

Et comme les bêtes hurlent les hommes,

Comme les hommes s’amusent les bêtes…

L’étrange fonctionnaire sans feuille de route,

Missionné près de la brouette de la prison,

Il a goûté au breuvage de Tchernomor

Dans une infâme gargote

Sur la route d’Erzéroum.

Octobre 1930

 

 

Comme me plaît son effort vivant,

Une année comptant pour un siècle,

Il enfante, il dort et il crie,

Ce peuple cloué à la terre.

 

Ton ouïe frontalière,

Tous les sons lui conviennent,

Ictère, ictère encore ictère

Dans ce trou amer et maudit !

Octobre 1930

 

Arménie : Voyage en Arménie & poèmes /  traduit par Christian Mouze – La Barque, 2015

 

Autres livres de Ossip Mandelstam la bibliothèque.

Note de lecture de Pierre Parlant dans Diacritik.

Lire d'autres textes de l'auteur dans [l'anthologie permanente] de Poezibao et dans La pierre et le sel.

Article et choix de textes de Gil Pressnitzer dans Esprits Nomades.

 

  

   

Nicolas Pesquès

 

5 BOUTS, BOUILLIE, BOUTURES

 

Le 24 mars

 

Séparer attire. On n’échappe pas à son invitation. Le fossé se reforme, sa profondeur s’accroît. L’écart va et vient alors que la colline reste en place. Mais tout, intérieur et extérieur, bouge. Jaune amplifié aigu.

 

Nous sommes si nombreux, la lecture semble être la solution mais c’est peut-être pire. Nous ne maintenons un lien que dans le jeu de la distance où, parfois, une forme pose sa main sur la nôtre.

 

 

Quelque chose nidifie, une empathie, une sorte de transfusion tatouée en forme de baiser. On reste ensemble à cause de la phrase et pourtant la solitude augmente. Il arrive que l’intensité inonde.

 

 

Puis plus rien, c’est coupé, coupé-décollé, et il faudra d’autres textes pour revenir, reperdre.

Des bouts pour vivre au bout de tout ce qui se présente.

 

La face nord de Juliau : treize à seize – Flammarion, 2016 (Poésie)

 

Ouvrages de Nicolas Pesquès à la bibliothèque.

Site de l'auteur.

Note de lecture de Ludovic Degroote dans Poezibao, d'Angèle Paoli dans Terres de femmes, de Tristan Hordé dans Sitaudis.

Découvrir d'autres extraits de l'ouvrage dans Littérature de partout.

 

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